Réseaux sociaux et incivilités à l’école : compte-rendu du déjeuner

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Enseignants, CPE, principaux, assistantes sociales, infirmières scolaires, professionnels de l’éducation populaire : un public diversifié est  venu débattre dans nos locaux mercredi 16 avril 2014. Voici le compte-rendu de ces échanges.

/// Déjeuner sur…

Réseaux sociaux et incivilités à l’école :
comment l’éducation aux médias peut-elle répondre aux problématiques des établissements scolaires ? ///

Mercredi 16 avril, de 11h30 à 14h, à Fréquence écoles

En présence de :

  • Valentine Favel-Kapoian, chargée de mission et formatrice à la DANE – Délégation académique pour le numérique éducatif
  • Aline Ladret, chargée de mission Cybercollèges42 au Conseil général de la Loire
  • Mehdi Chebira, chef de projet « services et usages numériques » au Conseil général de la Loire

Que peut faire l’éducation au médias face aux problèmes de civisme et d’estime de soi dans les écoles ?
Comment construire un projet pertinent et pérenne au sein d’un établissement scolaire ?
Quels acteurs associer à cette démarche ?
Quelles sont les ressources sur lesquelles s’appuyer ?

Un déjeuner pour échanger et débattre autour de vos problématiques, projets et expériences.
En s’appuyant sur l’expertise de la DANE dans l’accompagnement des enseignants et éducateurs, et sur l’exemple du département de la Loire et ses projets « bons usages de l’internet » et « café cyber ».

Présents :

  • Antony Lofek, Responsable jeunesse, MJC Saint-Rambert Île Barbe
  • Marie-Pierre Charnet, Infirmière, Collège Balzac, Vénissieux
  • Marie-Agnès Voisin, Principale, Collège Théodore Monod, Bron
  • Dominique Marlin, Principale adjointe, Collège Théodore Monod, Bron
  • Laure Bayon, Animatrice TICE, Circonscriptions Oyonnax et Bellegarde
  • Camille Montorio, étudiante
  • Michèle Papaud, Principale adjointe, Collège Jean de Verrazane, Lyon 9ème
  • Marcelo Chaparro, Directeur, Centre social et culturel Peyri et administrateur du Collège Duclos, Vaulx-en-Velin
  • Christèle Betton, Directrice adjointe et enseignante, Collège la Xavière, Vénissieux
  • Isabelle Perriès, CPE, Collège la Xavière, Vénissieux
  • Domiane Sigaud, Lycée la Martinière-Diderot, Lyon 1er
  • Brette Carié, Chargée de mission en éducation à l’image, FOL 69
  • Eliane Morin-Limonet, Assistante sociale, Lycée et Collège Ampère, Lyon 2ème
  • Anne Hours, CPE, Collège Laurent Mourguet, Ecully
  • Anne Lyonnet, Community manager et intervenante pour Fréquence écoles
  • Marion Sessiecq, Chargée de mission au Centre social Bonnefoi et Administratrice de Fréquence écoles
  • Dorie Bruyas, Co-directrice, Fréquence écoles
  • Pauline Reboul, Co-directrice, Fréquence écoles
  • Violaine Lemaitre, chargée de l’animation des réseaux, Fréquence écoles

Introduction de Dorie Bruyas :

Fréquence écoles agit depuis 15 ans dans le champ de l’éducation aux médias. L’association est très souvent contactée par des établissements scolaires qui sont démunis face à des problèmes d’incivilités liés au réseaux sociaux. Cette problématique constitue donc la porte d’entrée privilégiée à la mise en place de projet d’éducation aux médias au sein des établissements scolaires. La réponse apportée est le plus souvent celle d’une intervention ponctuelle portant sur l’identité numérique et l’usage des réseaux sociaux. Une intervention ponctuelle est-elle suffisante ? Cet angle d’approche -très axé sur la prévention et la moralisation, et souvent dans l’urgence – ne vient-il pas biaiser la manière d’aborder la relation des jeunes aux médias ?

Valentine Favel-Kapoian :

L’éducation aux médias est et doit être encore davantage intégrée aux programmes scolaires et activités péri-éducatives des établissements. Le Conseil supérieur des programmes réfléchit actuellement à un curriculum afin que ces enseignements soient encore davantage intégrés aux enseignements classiques. Il y a également le Brevet informatique et internet (B2i) pour le collège et le lycée.

Il n’est pas possible d’apprendre l’informatique sans éducation au numérique. L’approche technique ne suffit plus : il faut développer également le savoir-être.

Pourquoi les enseignants ne peuvent plus tourner le dos à l’éducation aux médias ?

  • parce qu’ils sont obligés : c’est à présent inscrit dans les programmes
  • il faut considérer l’éducation à l’internet responsable de la même façon que l’éducation à la sexualité : on ne pratique pas à l’école, mais cela est une absolue nécessité.

Les portes d’entrées pour aborder l’éducation aux médias sont nombreuses et variées. Quelques exemples :

  • On peut travailler sur l’autoportrait en parlant de la mise en scène de soi sur Facebook
  • On peut travailler sur la question du plagiat en abordant la recherche et le traitement de l’information
  • On peut organiser un temps fort comme un mois de l’internet, ou l’adosser à la semaine de la presse afin de mobiliser un maximum d’acteurs éducatifs.

Deux conseils :

  • Sortir de la prévention et de la réprobation, privilégier les approches positives et créatives.
  • Travail à plusieurs : dans la mesure du possible, associer le conseil pédagogique, le CA, les parents, les enseignants au projet.

Aline Ladret :

Nota de Dorie Bruyas : la Loire est le département le plus dynamique sur la question du numérique en Rhône-Alpes, en termes d’accompagnement des usages du numérique.

La protection de l’enfance est l’une des missions des conseils généraux. Par ailleurs, la direction de l’éducation équipe les collèges en matériel informatique et met à disposition un ENT (Espace numérique de travail) : Cybercollèges (l’équivalent de la classe.com dans le Rhône).

Ce sont les deux portes d’entrée du CG42 pour aborder la question de l’éducation aux médias.

Il y a 6 ans, le CG a créé un marché public pour des interventions en classe de 5eme sur l’ensemble des collèges de la Loire afin de sensibiliser les adolescents aux « bons usages d’internet ». Ce marché est détenu par Fréquence écoles depuis 2 ans.

Le niveau 5ème a été choisi notamment parce que 13 ans est l’âge légal d’accès à Facebook.

Tous les ans, des évaluations et bilans sont menés pour déterminer si le CG reconduit l’opération l’année suivante et chaque fois, la réponse positive. Même si le format d’1h30 est très apprécié, cela reste ponctuel et relativement court.

Le CG s’est donc posé la question du prolongement et de l’ancrage de ces interventions.

Mehdi Chebira :

Le projet Café-cyber a été conçu dans cet objectif.

Les EPN (Espaces Publics Numériques) ont essaimé dans la Loire. Ces espaces ont une vraie place à prendre sur le territoire car les acteurs éducatifs n’ont pas toujours les compétences nécessaires pour accompagner les jeunes sur leurs usages numériques.

Lors de la mise en place du projet « Bons usages de l’internet » par le CG42, les médiateurs numériques des EPN se sont posés la question du sens de ces interventions et de leur place dans ce projet.

Fréquence écoles a fait le choix de former les médiateurs numériques de la Loire pour qu’ils assurent eux-mêmes ces interventions dans les classes de 5ème de la Loire pour le compte de Fréquence écoles. Cela a permis de consolider le rôle de ces EPN, de former les éducateurs du territoire et de créer des liens plus forts entre les jeunes et les animateurs dans l’objectif d’un meilleur accompagnement.

« Le concept de Café Cyber est né et a été expérimenté au collège Anne Frank à St Just St Rambert.  Il est le prolongement de l’action de sensibilisation aux bons usages d’internet.  Repéré dans le cadre du Plan Jeunes du Conseil général de la Loire, il a été proposé et mis en place dans d’autres collèges situés sur Saint-Etienne Métropole (dans le cadre du Programme Urbain Intégré). »

Source : http://www.cybercolleges42.fr/zoom-sur-/cafe-cyber/

Un café-cyber est co-construit par les acteurs éducatifs suivants :

– un collège : équipe pédagogique

– un centre social : équipe d’animateurs sans compétence numérique

– un EPN : médiateurs numériques

Suite à cette expérience à St Just St Rambert, depuis janvier 2013, 10 collèges ont mis en place un café-cyber au sein de leur établissement.

Le café-cyber est mis en place sur le temps de midi, durant 1h ou 1h30. Il fonctionne sur le principe de la libre participation et se déroule dans le foyer en trois temps :

1. un temps d’accueil : les jeunes sont questionnés sur la base d’un sondage ou d’un quizz sur la thématique du jour qui est affichée 1 semaine avant (quelques exemples : l’identité numérique, les jeux vidéos, les réseaux sociaux, la musique en ligne, les logiciels libres, le droit à l’image, l’argent sur internet…)

2. Revue de presse web : cette étape ne fonctionne pas tellement.

3. Visionnage vidéo : 7-8 vidéos sur la thématique, qui permettent d’engager un débat

Jusqu’à décembre, pas de pratiques numériques sur le café-cyber, il s’agit d’un espace de discussion. En janvier a été introduite une phase de création sur ordinateurs, tablettes, caméras : ateliers web radio, JT, jeux, etc.

En fin d’année, tous les ados qui ont participé aux café-cyber sont invités à une visite de studio, radio ou télé.

Ce projet a permis de faire sortir les médiateurs de leurs murs, ce qui devenait nécessaire. Les jeunes étant de plus en plus équipés à la maison, ils désertaient progressivement les EPN.

Financement du projet :

Coût : 102000€ par an, pris en charge pour moitié par le CG42 et pour moitié par l’Europe (FEDER).

L’investissement des centres sociaux dans ce projet est inscrit dans le contrat de financement signé avec le CG.

Quelle est la place des parents dans ce projet ?

Au lancement du projet, une conférence était proposée systématiquement aux parents, sans grand succès au niveau de la fréquentation. Le CG a donc cessé de systématiser ces rencontres et n’en a programmé que lorsque le collège en faisait la demande.

En plus de cette conférence, certains collège mettent en place un café des parents.

Pourquoi ces temps de discussion avec les parents ne rencontrent pas davantage de succès ?

La posture est souvent problématique : elle reste très moralisatrice, l’approche est normative et donc, le plus souvent, les parents qui sont présents sont ceux qui en ont le moins besoin.

Collège Monod, Bron rencontre le problème suivant : un conflit entre deux ados qui a gangrené sur les réseaux sociaux et provoqué des conflits de territoire (les jeunes de ce quartier habitent au sein d’UC, unités de construction, qui sont des marqueurs identitaires).

Pauline Reboul et Dorie Bruyas :

Les jeunes ne maîtrisent pas leur identité numérique, ils viennent souvent voir les intervenants en aparté après l’intervention pour leur poser des questions qu’ils ne souhaitent pas soulever devant la classe entière.

L’intervention de Fréquence écoles auprès d’adolescents de l’école de la 2eme chance et en mission locale a montré qu’ils étaient démunis face à une présence en ligne non maîtrisée. Dorie Bruyas a passé beaucoup de temps avec chacun d’entre eux afin de nettoyer leur identité numérique, reprendre la main sur leurs comptes, paramétrer les réseaux sociaux, effacer certains d’entre eux et a été étonné du soulagement qu’ont exprimé les jeunes à l’issue de cette opération. La plupart du temps, ils ont conscience les choses leur ont échappé sur leur usages des réseaux sociaux. Ils ont toutefois besoin de l’exprimer de façon confidentielle car leur manque de maîtrise du numérique n’est pas accepté collectivement. L’intervention collective leur permet toutefois de prendre conscience qu’il vaut mieux un petit espace bien maîtrisé qu’une multitude de comptes qui leur échappe.

Il faut aussi encourager les équipes pédagogiques à entrer dans le vif du sujet face à ce genre de problème. Aller eux mêmes voir ce qui se trame sur les réseaux sociaux. Un exemple : lors d’une intervention, un enfant a donné son accord pour qu’on le googlise en classe. Cette adolescente était victime d’une rumeur depuis un certain temps et elle était seule démunie face à ce problème. Aucun adulte ne s’était aventuré en ligne pour voir précisément ce dont il s’agissait.

Anne Lyonnet a constaté un vrai manque de compétence lors de ses interventions. Les jeunes découvrent la plupart du temps qu’un compte Facebook est paramétrable.

Eliane Morin-Limonet : Une solution peut être de former un assistant d’éducation ou un professeur qui a du temps détaché pour qu’il y ait une prise en charge personnalisée sur l’identité numérique au sein de l’établissement scolaire.

Le Collège Monod a une assistante pédagogique, qui fait ce travail avec les enfants. Il faut peut être penser à responsabiliser les parents sur ce point là puisque ce sont eux qui qui équipent leurs enfants.

Remarque d’un participant : Les incivilités sur les réseaux sociaux sont plus complexes car elles laissent des traces. Elles s’inscrivent donc dans la durée, contrairement aux conflits de la vie hors ligne.

Anne Lyonnet : Cela est vraiment une réflexion d’adultes, les jeunes ne le vivent pas du tout comme cela.

Par ailleurs, les réseaux sociaux rendent ces problèmes visibles par les adultes. Ce même type d’incivilités existaient et existent toujours hors-ligne mais les adultes n’en ont pas connaissance.

Valentine Favel Kapoian : Il est nécessaire d’éduquer les enfants et les jeunes à un comportement citoyen sur internet. De la même façon qu’ils apprennent à rédiger une lettre, les jeunes ont besoin d’apprendre les codes pour communiquer en ligne. Ils ont besoin d’apprendre que l’instantanéité peut être dangereuse.

Pauline Reboul : Il est nécessaire de construire une réponse globale avec l’ensemble des acteurs éducatifs, en incluant les parents. Finalement le problème se situe souvent sur un souci de compétences au niveau des éducateurs mais aussi des jeunes.

Dorie Bruyas : Il faut aussi accepter de faire des expériences et donc de se tromper. Il faudrait monter un programme de « réconciliation numérique » pour les adultes. Car finalement la fracture sociale correspond peu ou prou à la fracture numérique. Globalement, plus une famille est en difficulté sociale, plus sa compétence numérique sera limitée.

Il ne faut pas confondre usages et compétences : l’adulte se sent incompétent car n’a pas les mêmes usages que les jeunes. Inversement, le jeunes a des usages multiples mais assez peu de compétences finalement.

Laure Bayon : Il faut que les équipes pédagogiques s’engagent personnellement et privilégient l’autoformation.

Valentine Favel Kapoian : Il existe le C2i (certificat informatique et internet) pour le supérieur et le C2i2e (certificat informatique et internet niveau 2 enseignants) pour les enseignants. A présent, le numérique fait partie de la formation des enseignants mais cela ne suffit pas. Il faut également un volontarisme personnel. Lors de la dernière formation qu’elle a assuré avec l’ensemble des stagiaires de l’académie, tous titulaire du CAPES, Valentine Favel-Japoian a constaté que nombre d’entre eux restait totalement ignorants en totalement ignorants en matière de droit à l’image, droit d’auteur etc.

Il faut que chacun entame une démarche personnelle car les niveaux sont très variables et certains ne savent même pas comment créer une adresse mail. Chacun peut entrer dans le numérique avec une porte d’entrée liée à sa matière.

Il ne faut surtout pas rester dans le mythe de l’élève sur-compétent qui peut aussi entraîner des blocages.

Côté formation, il existe le FIL (formation d’initiative locale) qui permet de mettre en place une formations au sein de l’établissement pour l’équipe pédagogique. Les enseignants peuvent aussi s’inscrire de façon individuelle dans le cadre du PAF (plan académique de formation) soit par approche disciplinaire ou bien transversale.

Aline Ladret : Une intervention d’1h30 ne règle pas toutes les problématiques des établissements. Lorsqu’il y a un projet imaginé dans la durée (comme le café cyber), c’est plus concluant car les élèves ont ensuite des espace pour prolonger la réflexion et en discuter. La dimension itérative est importante.

Pauline Reboul : Le bilan de l’opération « Bons usages de l’internet » dans la Loire a mis en valeur la difficulté de prise en charge de cette question par l’ensemble de l’équipe éducative. Souvent, cela repose sur un enseignant, le documentaliste par exemple.

Mehdi Chebira : Plus on mobilise d’acteurs, plus on a de résultats. Les médiateurs numériques peuvent constituer de bons appuis pou la mise en place de tels projets car ils ont une vraie connaissance des problématiques extérieures aux établissements. Une permanence numérique est importante pour pouvoir parler des soucis quotidiens.

Une fois que ces problèmes sont réglés, on peut basculer sur des projets mettant en jeu davantage de créativité. Travailleur sur des pratiques innovantes. Cela permettra de toucher des élèves plus âgés, de 4ème/3ème (pour le moment le café cyber touche essentiellement les 6ème/5ème). Il faut parvenir à sortir du « bureau des pleurs » et se tourner vers une approche plus constructive, positive et valorisante.

Aline Ladret : D’autres projets numériques se montent ensuite entre ces acteurs (EPN, écoles, centre sociaux). Les café-cyber ont créé une vraie synergie.

Brette Carié : L’heure de vie de classe peut être une bonne opportunité pour aborder ces questions.

Eliane Morin-Limonet : Les parents pensent que les enfants sont à l’abri en étant sur internet à la maison. Mais en réalité, ils sont sur l’espace public.

Dorie Bruyas : Une approche festive et ludique au sein des établissements scolaires ou des centres sociaux peut être intéressante. Comme un mini « EVENT » autour d’une thématique précise (journée familiale et ludique organisée par Fréquence écoles de façon annuelle www.event01.fr).

Mehdi Chebira : A mis en place ce type de projets à l’occasion de manifestations sportives. Avait constaté que lors de tournois de foot, les jeunes et leurs familles étaient présents de 8h30 à 18h30 pour ne jouer que durant 1h30. Il a donc conçu un espace commun d’animation dans un des gymnases. Des ateliers numériques (création de bandes annonces, diffusion de vidéos, jeux vidéo, tablettes) qui ont permis d’instaurer un espace de discussion avec les parents sur les usages numériques de leurs enfants. Pas besoin de communication spécifique puisque les familels sont là, totalement disponibles. Cela permet de sortir d’une approche moralisatrice. Ils ne viennent pas pour cela. Le plus compliqué est sans doute de parvenir à mobiliser des médiateurs le WE.

Cette idée peut être déclinée sur d’autres événements existants : un stand numérique sur une kermesse ou une journée portes ouvertes dans un établissement scolaire par exemple. Pour mobiliser les parents, mieux vaut profiter des moments déjà existants plutôt que d’en créer de nouveaux qui vont demander beaucoup d’énergie et de temps et vont provoquer des difficultés en terme de mobilisation.

Dorie Bruyas : Fréquence écoles a monté un projet au Collège Laurent Mourguet qui permet aux enseignants de publier sur le site du collège. Cela fonctionne très bien et la question de la publication par les élèves est dorénavant posée. Ce type de projet est intéressant car il permet de développer l’acculturation numérique des enseignants. L’équipe pédagogique monte ainsi en compétences et peut les réinvestir dans les enseignements. Par ailleurs, cela a permis de créer un lien et un espace de discussion entre les enseignants les élèves.

Mehdi Chebira : Il y a beaucoup de situations de chantage amoureux sur réseaux sociaux. Il conseille de partir de ce type de situations, des images et vidéos des jeunes pour aborder la question de l’identité numérique et non pas l’inverse.